La face cachée de la crise

Depuis 30 ans c’est le triomphe de l’occident. La quête universelle de notre monde est celui du bonheur. En référence à la sociologie des religions, je me demande si le « bonheur » qui est aussi un produit de consommation peut nous faire aboutir à l’épanouissement absolu
À partir des années 60-70, sous la tutelle d’une ère individualiste causé par le déclin de la religion instituée, la société post-moderne se démarque par le tyran des maladies psychologiques et la domination d’une culture de la plainte et d’un mal-être généralisé.

D’emblée, tous les individus ont une capacité de se transformer en entamant un processus de changement personnel. Une tâche qui n’est pas facile, il faudra que l’on s’avoue être en crise.

Photo by ryan baker
Image, Ryan Baker

Toutefois admettre cette évidence qui blesse notre cher orgueil va permettre justement de tout faire découler, à partir de ce moment.

L’homme souffrant est sans identité. Il ne joue pas son vrai rôle social ; il poursuit le plaisir et s’identifie à des choses éphémères, superficielles et mondaines (célébrité, richesse, notoriété).

Embrouillé, aliéné par les soucis, il est dans le néant et il n’est rien : être rien c’est de ne pas être bien.

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Capturé par Kim Danh, Quartier Mile-End 

On le voit partout : c’est l’essor du phénomène du développement personnel. Cette industrie lucrative puise ses influences de la psychologie positive. C’est une offre de services et de pratiques de l’entretien (corporel, relationnel), de l’accroissement des compétences ou de l’émancipation.

Et de la gestion des troubles psychiques (mineurs) par des multiples approches et thérapies (anciennes, nouvelles). Les techniques visent les particuliers, les travailleurs et les entreprises (humanistes, cognitives, orientales, neurologiques, etc).

La crise d’identité est un conflit identitaire

La quête identitaire est un projet de vie qui touche tous les groupes sociaux. Les facettes de l’identité sont divisées et il y le besoin d’unité. Cet élément est crucial pour la structuration de l’identité personnelle.

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Kim Danh, via Canva

Notre thème narratif provient des paradigmes (littérature, psychologie, sociologie, philosophie).  La recherche de soi est conflictuelle et implique l’apparition de troubles, d’angoisses et d’interrogations.

Un des facteur est la déstabilisation des cadres de socialisation (famille, travail, appartenance sociale). 

Un parcours, c’est un cheminement de vie individuelle dans leurs contextes sociaux caractérisé par un changement individuel. L’identité, c’est notre histoire, le fait d’appartenir à une communauté (raciale, sociale, culturelle).

Le changement, c’est un passage transitoire et une évolution d’un état intermédiaire psycho-social. Signalons aussi que la période d’adolescence est très délicate pour  la suite de nos vies.

N.B La période jeunesse du jeune adulte est une conquête du style de vie sain pour le bien-être du corps et de l’esprit.

L’esprit est une dimension spirituelle ou psychique négligée et pourtant vitale pour jouir d’une bonne santé globale.

Photo by Carolyn V
Photos : Carolyn V

La crise fait tomber les masques et efface les préjugés – Hannah Arendt

La crise apparait selon la perspective biblique comme d’un appel ou d’une parole à déchiffrer  de Dieu. Il ne laisse personne intact puisqu’il nous incite à croire ou à douter de nos croyances sur les choses surnaturelles.

La crise est une expression paradoxale qui dispose à la discussion, à se laisser interpeller, à interroger ou à juger. En fait c’est pour nous obliger à se poser des questions en vue d’engendrer un travail de vérité et d’humilité pouvant mener à un dévoilement.

Photo by David Clode
Transformé et prêt à prendre son envol. Photo : David Clode

Un des critères pour qualifié une crise est la distance entres nos actions, nos pensées et les actions et pensées de Dieu. C’est-à-dire la distance entre ce que l’on voit dans le monde et autour de soi, et ce à quoi Dieu nous destine nous ou le monde.

Sa volonté est la paix, la reconnaissance, la fraternité, la solidarité et la justice. La crise est une réponse inadéquate au présent. Ce qui importe c’est de faire un travail d’intelligence en allant au fond de la crise

L’homme qui n’a aucune crise n’est pas en mesure de ne juger de rien
– Johann Heinrich Zedler

De plus, il faut s’exiger du courage pour avoir des réponses. Cela se fait par une opération de ressourcements et d’interprétations. C’est la chance et une occasion d’examiner et de s‘initier au point de vue spirituelle.

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De l’autre côté de la noirceur : la lumière. Photo par Ahmeen Fahmy

Il n’existe pas de vie spirituelle sans crise, la vie spirituelle c’est à travers les crises et la confusion qu’on grandit. La spiritalité est hybride, flou et dichotomique. Se positionner est critique. C’est un choix de séparation/rupture qui nous met à l’épreuve. 

Pour retrouver la foi (en l’humanité), on doit réapprendre à mieux prier tout en se réappropriant notre dédain de la vie ecclésiatique (ex : aller à l’église). Il est indéniable que le contexte communautaire est un bien nécessaire pour propager l’amour que certains semble avoir oublié.

Un croyant adhère à aimer les non-aimables et les ennemis, à espérer l’inespérable (la mort de la mort) et de croire à l’incroyable (miracle). 

Photo by James Coleman
James Coleman, Unsplash

Nous vivons tous à notre manière une forme quelconque de crise spirituelle. Arrêtons de nous leurrer en nous disant que tout va bien alors que rien ne va. De nos jours, les jours sont mauvais car il y a beaucoup de méchanceté et tant de lourdeur.

Comment valoriser l’existence sans devoir consommer des choses éphémères et futiles? Accéder à la vrai joie et au pur bonheur, c’est rechercher la sagesse et le sens profond de sa vie.

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Le bonheur réside dans l’âme, pas dans la possession. Photo : Abigail Keenan

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Sources
– Crise et vie spirituelle, Luciano Manicardi, Revue d’éthique et de théologie morale, p. 211-227, no.276
– La spiritualité sur le changement personnel et la crise identitaire, Thi Kim Danh, Projet de recherche  cours de psychologie sociale

5 commentaires

  1. L’individualisme forcené s’est également allié au mythe du confort, au besoin superflu, à l’objet-roi sans cesse remplacé, à la consommation servile. Attention que le développement personnel ne subisse pas le même sort en devenant parfois un produit juteux !

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